Fondation La Ruche – Seydoux

YVES

ROBUSCHI

Des paysages aux mythologies

Quand le prisme du paysage d’enfance demeure, tout peut recommencer. Se déployer autrement. On se lève tôt, on entreprend l’ascension, puis on s’installe au sommet d’une colline. Le rêve éveillé s’est enrichi de vie, d’œuvres antérieures, d’instants fondateurs. Et du geste du peintre naît la geste du paysage, dans un récit sans cesse recommencé. La peinture d’Yves Robuschi livre ce récit qu’il porte en lui.

Pour lui, la peinture s’impose d’elle-même lorsqu’il regarde le paysage. Elle est déjà là, dans la nature encore frémissante, dans le soleil qui monte, dans les sonnailles des bêtes. Les œuvres d’Yves s’ancrent dans un lieu avec lequel l’artiste ne fait qu’un, où sa peinture s’éveille à l’unisson de l’instant.

Les peintures d’Yves Robuschi présentent une texture légèrement rugueuse, un geste spontané, des couleurs franches, au plus près du monde sensible. Comme si leur matière en avait recueilli les sensations les plus intimes. Reprenant la phrase de De Kooning : « Je n’ai pas une manière particulière de peindre, je peins », il inscrit son travail dans les codes de la peinture moderne : ciels d’un bleu intense, arbres aux frondaisons généreuses, collines paisibles…L’espace se déploie avec équilibre et harmonie.

Mais le peintre vient aussi avec les œuvres qui l’ont façonné — les chemins de Pascal Dughét, l’ironie de James Ensor, les bleus de Raoul Dufy, les couleurs de De Kooning. Toute cette histoire affleure dans le paysage qui se déploie sur la toile.

Il est, dans ses œuvres, des passages où la peinture l’emporte sur le paysage : un bouquet bleu devient arbre, nuage, sous l’effet des contours, de la fluidité, des superpositions. La peinture creuse des courants qui engendrent des métamorphoses. Parfois, c’est le pinceau qui décide. La peinture donne vie au paysage autant que le paysage la fait naître. On y voit des arbres tels des torches, des taches de couleur semblables à des flammes, des formes qui s’élèvent comme des éruptions volcaniques. Sous l’apparente tranquillité, une genèse est à l’œuvre : une harmonie primordiale surgit du chaos. En rencontrant le paysage, la peinture devient créatrice de mythologies.

1. Un printemps à Tourrette-Levens – fusain et acrylique sur

toile 146x114cm

2. Yves Robuschi

3. Un printemps à Tourrette-Levens – fusain et acrylique sur

toile 146x114cm

4. Les raisins de la colère_Peinture acrylique sur toile

lachée 215x315cm

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