QUI SOMMES-NOUS ?
Fondation La Ruche-Seydoux,
engagée pour La Ruche
La Ruche a été sauvée au fil du temps, depuis sa naissance en 1902.
Grâce à la donation de Geneviève Seydoux, le site menacé de destruction sera
sauvé et la Fondation La Ruche-Seydoux voit le jour en 1985. Elle est reconnue
d’utilité publique le 14 mai 1985.
Depuis 1985, le Conseil d’administration de la Fondation en assure la gestion et
l’entretien, essentiellement financés par les loyers payés par les artistes
Deux instances
Conformément à ses statuts, La Fondation La Ruche-Seydoux est administrée par un Conseil d’administration,
qui choisit parmi ses membres un Bureau qui assure l’exécutif de la Fondation et rend compte de son activité à
chaque séance du Conseil d’administration.
Le Conseil d’administration choisit les nouveaux artistes entrants quand un atelier se libère.
COMPOSITION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
— Le Président : Jérôme Clément, nommé le 24 juin 2020
— Le Vice-Président : Ernest Pignon-Ernest
— La Secrétaire Générale : Juliette Raoul-Duval
— Le Trésorier : Jean Rozat
— Le représentant de la famille Seydoux : Kléber Rossillon
— un artiste non-résident de La Ruche : Jacques Bossert
— deux artistes-résidents de LA RUCHE, élus par les artistes-résidents : Jan Olsson et Jean Michel Alberola
Deux membres de droit, dont :
— Le Ministère de la culture ou son représentant
— La Mairie de Paris ou son représentant,
À l’exception des membres de droit, les membres du Conseil sont nommés pour une durée de 6 ans
COMPOSITION DU BUREAU OPÉRATIONNEL
— Le président Jérôme Clément
— Le vice-président Ernest Pignon-Ernest
— La secrétaire générale Juliette Raoul Duval
— Le trésorier Jean Rozat
LA RUCHE,
HISTOIRE EXTRAORDINAIRE
Générosité, recyclage,
jeunes talents…
Tout commence à l’aube du XXème siècle
Alfred Boucher, fondateur et mécène de la Ruche
La Ruche est née de la générosité d’un artiste, le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934), passé d’une condition modeste au statut d’artiste devenu célèbre et fortuné. Souvent sollicité par les commandes publiques, il exécute entre autres les bustes de Clémenceau et de la reine de Roumanie. Il se voit attribuer le grand prix de sculpture de l’Exposition Universelle de 1900. Premier et unique professeur de Camille Claudel, de sa générosité nait en 1902 le musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine.
Générosité toujours : il crée La Ruche cette même année 1902 sur la parcelle de près de 5 000 m2 qu’il vient d’acquérir à Vaugirard. Avec le projet bien ancré de créer un « phalanstère » afin de permettre à de jeunes artistes démunis de bénéficier d’un atelier, leur procurant « un état propice à la méditation et à la réalisation dans un climat de sécurité ».
L’Exposition Universelle démantèle ses pavillons pittoresques et Boucher récupère des éléments, la grille du Palais de la femme et l’armature du pavillon des vins de Gironde, conçu par Gustave Eiffel. Deux reliefs proviennent du pavillon des Indes néerlandaises. Les deux cariatides ornant la porte de la Rotonde proviennent du Pavillon du Pérou. lI ajoute à son phalanstère un théâtre de 300 places « La Ruche des Arts ». Dans ce théâtre débute Louis Jouvet et se retrouvent Marguerite Moreno, Jacques
Hébertot…

Alfred Boucher à La Ruche
ART INFO
Le nom de « Ruche » vient de Boucher lui-même, qui considère les artistes bourdonnant de créativité comme les abeilles d’une immense ruche
Terre d’accueil des artistes
La Ruche devient vite
un centre artistique majeur
La nouvelle cité recueille tous les artistes sans discrimination. Beaucoup de ces artistes fuient les pogroms d’Europe centrale et de l’Est et vont y trouver refuge. On raconte que Soutine, prévenu par un « collègue » immigré dans cette cité d’artistes, arriva Gare de l’Est avec pour seule adresse « La Ruche, Paris ».
Parmi les premiers occupants : Léger, Soutine, Zadkine, Archipenko, Epstein, Kikoïne, Krémègne, Chapiro, Lipchitz, Laurens. Chagall arrive en 1911. Parmi eux, Alfred Boucher habite un pavillon au fond de la cité, aujourd’hui remplacé par un immeuble. La cité d’artistes, nommée la Ruche par Alfred Boucher, deviendra un des centres artistiques majeurs de XXème siècle.
Grâce à l’afflux d’artistes français et étrangers, la communauté se diversifie et s’influence rapidement. On est tout près de Montparnasse on s’invite en dépit du manque de confort des ateliers ; aux beaux jours on s’installe dans le jardin, on y reçoit ses amis, des écrivains dont Paul Éluard, André Breton, Apollinaire…
À la fin de la guerre, de nouveaux artistes s’installent, dont des Italiens mosaïstes et sculpteurs qui travailleront avec Fernand Léger, Jean Arp, Bazaine. La Ruche est comparable alors au Bateau-Lavoir de Montmartre. Après la Première Guerre mondiale,
elle supplante ce dernier par ses activités artistiques et sa renommée.
Premières menaces
La guerre de 14-18 terminée, Boucher, malgré son dévouement, n’est plus en vogue et l’argent ne rentre plus, La Ruche est en piteux état. Il meurt en 1934, à Aix-les-Bains, complètement oublié.
Après sa mort, quelques artistes occupent toujours les lieux, Kikoïne, Dobrinsky et Volovick, mais aussi l’acteur Alain Cuny et le sculpteur Robert Couturier.
Et vient la guerre de 39-45, qui emporte Granowski et Epstein vers les camps de la mort. La Résistance est active à la Ruche. À la Libération, les armes surgissent de leurs cachettes…
Après la seconde guerre La Ruche ne semble plus être que le vestige délabré d’une époque glorieuse. Les ateliers, construits trop vite à l’origine, commencent à se dégrader fortement. Les conditions de vie y sont très difficiles, la situation est critique…
Renaissance La Ruche influenceur de mouvements…
Malgré les difficultés, une nouvelle ère va s’ouvrir. Avec l’arrivée de Paul Rebeyrolle et Francis Biras, la cité va redevenir peu à peu un foyer artistique majeur où se forgent les influences. Le mouvement de la Jeune Peinture se développe autour de Paul Rebeyrolle (fondateur du Salon de la Jeune Peinture) et sera à l’origine du renouveau de La Ruche et de l’apparition de la Figuration Narrative, dans les années 60/70.

Légende

1968 . Photo Walter Limot
…on frôle quand même la catastrophe, le combat s’engage
À la fin des années soixante, les héritiers d’Alfred Boucher décident de vendre le lieu, désormais dans un état de vétusté et de délabrement avancés, à un promoteur immobilier projetant d’y construire immeubles et parkings. Une société d’immeubles HLM achète La Ruche en 1967. Un comité de défense, présidé par Chagall, se met en place pour sauver La Ruche, vouée à la destruction. Gisèle Halimi les défend. La détermination de Francis Biras, Elisabeth Dujarric, entre autres, rassemble des centaines de personnalités.
La vente d’œuvres d’anciens résidents ne rapporte pas suffisamment d’argent pour racheter le terrain. De nombreux artistes (Giacometti, Delaunay, Braque, César…) apportent alors leur soutien en adjoignant leurs propres œuvres. Cela ne suffit toujours pas…
Le collectif parvient à interpeller André Malraux qui bloque le permis de construire.
Sollicités par Bernard Anthonioz, René et Geneviève Seydoux, touchés par cette disparition annoncée d’une des plus importantes et dernières cités d’artistes, font don du complément manquant pour racheter la cité et la sauver. Le sauvetage accompli, des travaux de restauration sont entrepris grâce à l’action du ministre de la Culture en poste à l’époque, Jacques Duhamel et de Bernard Anthonioz.
Sauvée in extremis !
La Ruche rayonne
La Ruche avance, La Ruche s’expose
Financée par le mécénat privé et les aides publiques, La Ruche voit encore une nouvelle ère s’ouvrir. Au début des années 70, grâce à la volonté de Francis Biras, la génération d’artistes liée au Salon de la Jeune Peinture arrive sur les lieux, lui apportant un souffle nouveau : Eduardo Arroyo, Jean-Paul Chambas, Lucio Fanti, Gérard Fromanger, Ernest Pignon-Ernest, Titina Maseli, Nicky Rieti, Gianni Spadari, Michel Parré, Vito Tongiani, Pierre Zarcate…
Le théâtre est à nouveau présent à la Ruche avec la venue du dramaturge Klaus Michaël Grüber, puis, plus tard, Bruno Bayen. La Ruche sera alors un foyer de décor et de création scénique avec l’emblématique Faust de la Salpêtrière par Arroyo et Aillaud puis les scénographies de Chambas, Fanti, Rieti, Biras, Pignon-Ernest (Schaubühne de Berlin, Opéra Bastille, Odéon, Châtelet ou le Bolchoï de Moscou…).
Aujourd’hui les artistes pratiquent à La Ruche une plus grande diversité de recherches et de techniques (peinture, sculpture, dessin, mosaïque, écriture, céramique, gravure, photo, installations, vidéo, stylisme). Des artistes reconnus tels que Ernest Pignon-Ernest et Jean-Michel Alberola y travaillent.
En 2020, des artistes en provenance d’Allemagne, Italie, Israël, Corée du sud, Irak, Argentine, Serbie, Iran, Grèce et États-Unis y ont leur atelier. Ils diffusent leurs travaux dans des musées, des centres d’art et des galeries.
Depuis 2017, une salle d’exposition a été recréée et mise à disposition des artistes dans le bâtiment Fernand Léger. Gérées par l’AAAB (Association Atelier Alfred Boucher) qui réunit les artistes de la Ruche, des expositions leur permettent de montrer leur travail et leurs œuvres, tout au long de l’année. Le public peut ainsi découvrir, sur invitation, des expositions toutes les deux semaines environ, signalées sur les réseaux sociaux.
En 2002, La Ruche a fêté son centenaire.
En 2008, la ville d’Évian consacre une exposition aux artistes de La Ruche au Palais Lumière.
ART INFO
Une Rotonde au Japon ! Une reconstitution du bâtiment circulaire, la Rotonde de La Ruche, a été réalisée en 1981 au Japon, à Hokuto. Ses ateliers sont utilisés par des artistes.

Vue jardin
Patrimoine mythique de mémoire et d’avenir
Le combat continue
Soutenez-nous
En janvier 1972, les façades et les toitures des bâtiments sont inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques. Entre 1973 et 1984, les trois bâtiments principaux sont rénovés. La Fondation La Ruche-Seydoux est reconnue d’utilité publique dès 1985.
La Fondation La Ruche-Seydoux, créée grâce à la donation de Geneviève Seydoux et reconnue d’utilité publique en 1985 assure la gestion et l’entretien, tout en faisant appel aux subventions et au mécénat, pour les travaux impératifs de réhabilitation au fil du temps des bâtiments plus que centenaires. La rénovation complète de La Rotonde a été menée en 2009 grâce à un partenariat tripartite avec la Fondation du Patrimoine et la Fondation Total.
En 2019, le projet de rénovation du Bâtiment Fernand Léger a été reconnu par la Mission Stéphane Bern pour le Loto du Patrimoine, et la Région Île de France lui a décerné le label Patrimoine d’intérêt régional.
Mise au défi du temps, à nouveau en danger, La Ruche a besoin de votre aide pour mener à bien les travaux de réhabilitation du bâtiment Fernand Léger.
HOMMAGE
La Ruche, vous le savez, ouvre depuis 2020 chaque année, gratuitement,
ses portes lors des Journées Européennes du Patrimoine.
Nous serons heureux de vous accueillir les 19 et 20 septembre 2026.
Lors de ces Portes Ouvertes à La Ruche en septembre 2025, près de 2 000 visiteurs sont venus découvrir ce lieu mythique, guidés par les
artistes de La Ruche. Paroles d’un visiteur venu s’attarder ensuite auprès des équipes de la Fondation La Ruche-Seydoux,
« …une expérience particulière, cette découverte de La Ruche. Pour moi, une émotion inattendue, comme si j’étais rentré dans un paysage de confluents. Une vibration du passé qui fusionne avec celle d’aujourd’hui, vivante, contemporaine, engagée. De l’espoir pour l’art, la culture, l’avenir. »
L’on ne saurait mieux dire.
Nous saluons ici les artistes qui, résidents d’un moment ou l’espace d’une vie, ont nourri et renouvelé sans cesse l’ADN de la Ruche.
Alfred Boucher
Alexandre Altmann
Alexandre Archipenko
Jean Arnavielle
Eduardo Arroyo
José Balmes
André Barelier
Gracia Barrios
Hanna Ben-Dov
Max Bezner
Francis Biras
Constantin Brancusi
Marguerite Jeanne Carpentier
Jules Cavaillès
Blaise Cendrars
Marc Chagall
Jean-Paul Chambas
Robert Couturier
Simone Dat
Gabriel Deluc
Isaac Dobrinsky
Georges Dorignac
Elisabeth Dujarric
Victor Dupont
Henri Epstein
Lucio Fanti
Gérard Fromanger
Samuel Granowsky
Luigi Guardigli
Klaus-Michaël Grüber
Francis Herth
Rolf Hirschland
Léon Indenbaum
Michel Kikoïne
Pinchus Krémègne
Marie Laurencin
Henri Laurens
Fernand Léger
Charles Lemanceau
Chaïm Jacob Lipchitz
Paul Maïk
Marevna
Titina Maselli
Jean-Michel Meurice
Amadeo Modigliani
Amcheï Nürenberg
Abel Pann
Michel Parré
Jean-Pierre Peraro
Max Raedecker
Martial Raysse
Paul Rebeyrolle
Diego Riviera
Giangiacomo Spadiari
Chaïm Soutine
Vito Tangieri
René Thomsen
Serge de Tourville
Lazare Volovick
Ossip Zadkine
Pierre Zarcate
Jacques Yankel
PUBLICATIONS SUR LA RUCHE
LIVRES
Marc Chagall, «Ma vie » chez Stock
Bache Cendras, « Dix neuf poèmes élastiques » , 1913 (dont La Ruche)
Jacques Chapiro, «La Ruche, » Flammarion, 1960
Jean-Paul Crespelle, « La vie quotidienne à Montparnasse à la grande époque » Hachette 1976
Jeanine Warnod, «La Ruche Montparnasse » , Weber, 1978
Jeanine Warnod, «La Ruche-Ecole de Paris à Montparnasse 1913-1930 »AD Bank, 1978
«La Ruche» Galerie San Fedele, Milan
Dominique Paulvé, «La Ruche, Un siècle d’art à Paris » , Gründ, 2002
Catalogue du Musée du Montparnasse, La Ruche, Le centenaire d’une cité d’artistes, Etude de Pierre-Gilles Kern, 2002
Centenaire du Musée de Nogent-sur-Seine et de La Ruche, 1902-2002, catalogue de l’exposition éditée par le Musée
Alfred Boucher, 2002
Philippe Lagautrière, « La fabuleuse histoire de La Ruche » portfolio de sérigraphies, 2003
Daniel Lebée (photos) et Pierre Le Croz (texte), La Ruche, Ed
Nicolas Chaudin, 2007
Sylvie Buisson et Martine Fresia, « La Ruche: cité d’artistes , » Ed. Art en scène – Alternatives, 2009
FILMS
Jacques Renoir «La Ruche » , émission « Pour le plaisir » , 1967 CJ Bernard «Chez ceux de Montparnasse ,» 1957
André Parinaud «La nouvelle réalité »FR3, 1979
Jean-Pierre Dougnac «La Ruche, une cité d’artistes , » 1986 Caroline Jauffret Mag-Cités «La Ruche » ,FR, 193
Norbert Liard « La Ruche » Paris Première, 1998
Denis Rousseau Kaplan RFO/2002