MICHAËL
GAUMNITZ
Dans les allées de La Ruche, la mythique cité d’artistes parisienne, une haute silhouette avance lentement. Michaël Gaumnitz y vit et travaille depuis 1995, poursuivant une œuvre libre, à la frontière du dessin et du cinéma.
Tout a commencé loin de là, à Dresde, dans les ruines de l’Allemagne d’après-guerre. Puis à Sedan, où sa famille allemande s’installe au début des années 1950, la ville française la plus hostile au « Boche », l’ennemi héréditaire.
Dans cette ville encore marquée par la guerre et les humiliations, le jeune garçon n’est pas le bienvenu. Pour trouver sa place, il dessine. Il caricature ses camarades de classe. Ça plait. Les rires ouvrent les portes que la haine tenait fermées.
Son père le destine à la cuisine. Michaël Gaumnitz choisit une autre voie : les Beaux-Arts de Berlin, puis Paris. Il rejoint l’INA comme « vidéo-peintre » et devient l’un des pionniers de l’image numérique appliquée au documentaire. Premier à introduire la palette graphique dans ce domaine, il participe au renouvellement du langage audiovisuel, aux côtés de créateurs comme JeanChristophe Averty.
Auteur et réalisateur de plus de deux cents films — courts métrages en animation graphique et documentaires — Michaël Gaumnitz invente un langage singulier où dialoguent dessin, mémoire et image filmée. Parmi ses films les plus marquants, L’exil à Sedan* revient sur son histoire personnelle.
Peintre, cinéaste, artiste graphique : un artiste inclassable, né dans les ruines et qui n’a cessé depuis de les transformer en braises.
* L’Exil à Sedan a obtenu plusieurs prix dès sa sortie en 2002, dont :
Prix « de la critique internationale » et Prix « Ver.di », festival
international du film documentaire, Leipzig.
Grand Prix « Documentaire historique» Festival international du film
d’histoire, Pessac
1. Sur les cimes
2. Irradié
3. Autoportrait
4. Ruines