Fondation La Ruche – Seydoux

LEONARD

LEONI

Né à quelques pas de La Ruche en 1933, Léonard Léoni ne l’a jamais vraiment quittée. Doyen de la cité d’artistes, il en est aujourd’hui l’un des précieux témoins. Mais derrière le personnage et la figure familière de La Ruche se tient avant tout un artiste : un homme rieur, bienveillant et curieux, qui porte sur son parcours et celui de la cité un regard lucide et malicieux.

Formé à la mosaïque à partir de 1960 auprès de Lino Mélano et Luigi Guardigli, il participe à leurs côtés à la réalisation de mosaïquesd’après les œuvres de grands artistes du XXe siècle, parmi lesquels Georges Braque, Fernand Léger, Jean Bazaine, Martial Raysse, Tal- Coat, Corneille et Marc Chagall. Il travaille notamment avec Lino et Heidi Mélano et Luigi Guardigli à la réalisation des Amoureux, mosaïque conçue par Chagall pour la Fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence en 1963-1964.

Lorsque les circonstances l’éloignent de la mosaïque et du travail de la pierre, un nouveau territoire de création s’ouvre à lui. Dans le livret Léonard Léoni : de la tesselle à l’amitié, entretien réalisé avec Gildas Le Reste, il raconte : « On m’a donné des papiers venant de boîtes de papier photos, je me suis amusé à les gratter.» De cette expérimentation naît une œuvre graphique sur cartons noirs récupérés. « Le papier à gratter, c’est trop propre pour moi, je préfère quand il y a des défauts, on se sert des défauts pour travailler.»

Ernest Pignon-Ernest écrit d’ailleurs : « Léoni sait que sous le noir profond de ces cartons, il y a, enfoui, un alphabet d’images. Mi-alchimiste mi-bricoleur, il gratte, incise, griffe, comme accomplissant un rite, et fait apparaître un monde singulier.»

En effet, son parcours témoigne d’une fidélité rare au geste, à la matière et à la liberté de création.