Fondation La Ruche – Seydoux

MARIE-PIERRE

GUILLON

Marie-Pierre Guillon explore un langage plastique où se croisent photographie, film et installation. Elle mêle également dessin, peinture, sculpture, ainsi que des techniques comme la broderie ou le découpage.
Avant d’être diplômée des Beaux-Arts de Lyon, son expérience au théâtre en tant que technicienne éclairagiste lui a permis d’envisager, puis de pouvoir réaliser des installations à grande échelle et de se familiariser avec le matériel lumière sophistiqué, employé pour les scénographies. Elle a bénéficié de plusieurs résidences dont celles à la Villa Romana et à l’Institut français de Florence en Italie.
Elle a complété ses connaissances techniques en suivant une formation de photographe, argentique et numérique et en s’initiant aussi au film, à l’École EFET à Paris. Ces procédés techniques lui permettent une perception naturelle de l’intensité de la lumière, stimulant sa perception formelle du monde.
Sa pratique de plasticienne se manifeste, dans la composition de ses cadrages, la couleur, mais aussi par l’intérêt qu’elle porte aux matières vivantes ou inertes. Sa sensibilité l’emmène à observer notre façon de vivre, notre rapport avec la nature, les éléments et leur environnement. La photographie lui permet d’être particulièrement attentive au présent, en oubliant le plus possible ce que sa nature a de circonscrit. Elle ne sait pas par avance ce qu’elle va photographier, laissant une plus grande ouverture à l’inconnu et à l’imprévu.
Ce qui l’intéresse est ce paradoxe entre la réceptivité consciente du moment présent et la mort de ce dernier dès qu’il est capturé, intensifiant l’attention au vivant et non-vivant. Ce rapport entre la vie et la mort en photographie a été très bien analysé par Roland Barthes dans son livre La Chambre Claire.
Sa curiosité tient son regard en alerte nourrissant une observation méticuleuse qui révèle ses cadrages photographiques pour tenter de saisir la différence et les particularités qui affleurent souvent dans les détails.

À travers sa pratique multiple, elle développe une recherche centrée sur la lumière et le mouvement : la lumière devient matière, révélant ou brouillant les frontières du perceptible. Elle interroge les notions d’impermanence et de fragilité qui nous construisent, ainsi que nos paysages. Elle explore les formes universelles de la nature et mène depuis quelque temps des expérimentations sur les images réfléchissantes et leur capacité à susciter des expériences perceptives et relationnelles

1. Stazione Leopolda, 2000, Florence demi-sphères 2M de
diamètre-programmation lumière

2. Cloître Santa Trinita, Florence, 1999 spirales 2M de
diamètre

3. Coupe transversale de bois, 2025 photographie
numérique 60X80cm

4. Macadam, Paris, 2026 broderies 2X1M

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